La Gazette du STEVE N° 7

Par Laurent LHERMITTE. Avril 1999

 

Me voilà rendu à Cartagène, ville superbe de Colombie qui me rappelle un voyage au Maroc. C’est super ici, mais le mois dernier a été consacré au Venezuela, pays plein de contrastes où l’on parle espagnol. Après avoir un peu hésité à y rester, finalement je ne regrette pas, les montagnes m’attirent autant que la mer. Aujourd’hui je suis un peu en retard pour passer Panama, mais il ne faut pas toujours courir après les milles. Je passe déjà pour un fou, auprès d’autres navigateurs, lorsque je raconte mon périple de ces derniers 8 mois. Il va peut être me falloir une autre année voilà tout…

 

Le Venezuela, pays riche et pourtant...

Je ne souhaite pas reprendre dans cet article une description trop brève sur le pays comme on peut en trouver au début des guides touristiques. Je rapporterai juste quelques-unes une des sensations, observations ou informations retenues au cours de mon trop rapide passage au Venezuela. C’est un pays de culture latine où les musiques chaleureuses sont omniprésentes dans les magasins, dans les voitures, dans les rues. Sur les trottoirs des vendeurs ambulants diffusent des cassettes dupliquées grâce à un auto radio ou une minichaîne. Ici pas de gène ni de tabous, par exemple on s’appelle par un signe distinctif le poids, la taille ou le pays d’origine El Chico (le petit) El corpulento El Portugais. Les femmes exhibent leurs rondeurs sans complexes et les hommes semblent très intéressés… c’est chaud ! Toujours dans les rues, de petites échoppes côte à côte vendent un tas de "cochonnerie", produits chinois, prise électrique, outillage, peignes, produit de beauté, breloques de tout genre. Tous les 10 mètres il y a un vendeur de billets de loterie soit dans un espèce de comptoir, soit sur une planche posée sur deux tréteaux et pendant que les gens passent, le vendeur joue aux dominos ou aux dames avec son voisin. C’est très animé, au coin d’une rue, le coffre d’une voiture break muni d’étagères, est transformé en boulangerie. C’est cool, tous les moyens sont bons pour gagner un peu d’argent sans trop bougé. Un truc extra : les jus d’orange. Grâce à un astucieux pressoir pour 300 Bs vous avez en cinq secondes vos trois oranges pressées. Mais la vie n’est pas facile pour tout le monde, il faut savoir que le revenu mensuel minimum est à peu près de 1500 à 2000 FF/ mois. Bien sur on mange très bien un " menu populaire " pour 15 FF mais le pain coûte quand même 300 Bs. Les loyers dans Caracas, selon les dire d’un couple de français rencontré au gré des bus, sont comme à Paris. Les pauvres habitent donc les bidon villes (barrios) tout autour de la ville sans condition d’hygiène. Les eaux usées sont directement rejetées dans le Rio pour finir à la mer. Il y a aussi des clochards qui dorment par terre ou dans des espèces de grands cadis habillés de cartons de récupération, les démunis ramassent dans les poubelles ou les caniveaux les capsules de bière, les bouteilles en aluminium pour les revendre. Bref je m’arrêterai là pour ne pas trop noircir le tableau, mais que de misère ! Il y a pourtant de petites choses très bien, les voyages en bus dans la ville coûtent 100 Bs, sur les trottoirs on trouve des bancs parfois carrément une table et des sièges en béton. C’est cool, les gens s’y retrouvent pour jouer aux échecs ou papoter, si seulement ils pouvaient changer un peu les choses…

Le STEVE.

La loi des ennuis maximum… Pour moi il y a sur le bateau des équipements indispensables pour un fonctionnement en toute sécurité, un sondeur fiable, une boussole, une horloge, un moteur, des voiles correctes… Il arrive que d’autres petites choses tombent en panne comme une lampe, le compte tour du moteur, le radio cassette. En revenant de La Tortuga, le frigo 12 V me lâche ainsi que le compte tour, ce n’était qu’un fil de débranché, je me dis : " ce n’est pas grave, je regarderai plus tard " or en réglant les gaz à l’oreille, le moteur tourne un peu vite, pas trop pourtant mais les vibrations ont réussi à dévisser une partie de la transmission et l’huile a coulé partout. Heureusement je m’en aperçois à Carenero. En faisant du moteur, je jette toujours un coup d’œil pour voir si tout se passe bien. Puis je démonte le frigo pour voir si je peux réparer. Hélas non. En arrivant sur Puerto La Cruz, alors que je tirais des bords pour passer le cap El Morro, assez près des cailloux, il était environ 17h30, je descends dans la cuisine, et là, image de cauchemar, je vois 30cm d’eau dans le fond du bateau…Vite il faut voir par où elle rentre. Sans paniquer car cela ne sert à rien, je trouve : le tuyau d’échappement du circuit de refroidissement du frigo, à cause de la gîte, est sous le niveau de flottaison. Allez, un bouchon de liège fait l’affaire, il ne reste plus qu’à tester les pompes. La pompe de cale à un débit très faible, par contre la grosse pompe électrique, débite comme un tuyau d’arrosage. En cinq minutes, le plus gros de l’eau est enlevée. Je n’ai plus qu’à tout nettoyer une fois au mouillage car l’huile et le gasoil, à cause de l’eau, ont été étalés partout…Conclusion : lorsque quelque chose ne va pas, mieux vaut réparer au plus vite.

Dialogue avec les enfants de Plailly :

Chère Maïté tous les pays ont une monnaie propre (et aussi de l’argent sale…). Par exemple ici c’est le Bolívar ou Bolos, 1FF=100Bs, dans les îles des petites Antilles c’est le dollar EC (East Caribbean) à Trinidad et Tobago c’est le dollar TT( lire titi because of the English…) 1FF=2TT, au Surinam c’est le Florin Surinamais 1FF=42 Florin. Au Cap Vert c’est l’Escudo 1FF=15E. tu remarqueras que le nom de la monnaie est souvent associé à l’histoire du pays. Lorsque j’arrive dans un nouveau pays, il faut donc trouver quelqu’un ou une banque pour changer de l’argent. Je me rappelle qu’à Paramaribo nous changions dans le marché de la main à la main avec des trafiquants, pas méchants mais un peu malhonnêtes. Cela nous a permis d’apprendre diverses astuces et tour de passe-passe pour escroquer le touriste. Ils sont très forts.

Et non Binta je ne repasserai pas par le Sénégal cette fois-ci, mais sûrement au court d’un prochain voyage. Des enfants j’en ai vu des riches et des pauvres, toujours habillés de textile, les uns avec des vêtements neufs et propres les autres avec des restes de tissu sale et tout déchiré et bien sûr, sans chaussures. Au Cap Vert, certains n’avaient comme unique habit qu’un petit slip. Au cours d’un précédent voyage, sur l’île de Madagascar, j’ai rencontré dans un village très isolé, à 2 jours de marche dans la nature, un homme vêtu d’habits fait de pailles tressées. Sûrement très pauvre, il avait d’une certaine façon, gardé toute sa dignité. Si je pense à quelqu’un en regardant les étoiles ? Oh Oh On songe à des tas de choses en contemplant la voûte céleste, mais si tu veux dire à quelqu’une…et bien, Oui, j’ai laissé une femme que j’aime et qui n’a pas pu me suivre. J’y pense souvent et surtout lorsque la mer est mauvaise je me dis qu’heureusement elle n’est pas là, elle serait malade. En regardant les étoiles, je repense à une interview sur France Inter d’Hubert Reeves. C’était le mercredi 23 septembre au soir, je quittais le port de Marseille pour ma première grande traversée. Il parlait admirablement bien de l’univers, de la terre et de l’amas de cellules qui nous constitue, et quand je regarde les étoiles, je me dis qu’on a vraiment eu du pot que les éléments s’organisent ainsi pour que nous puissions exister.

Cher Maxime, depuis mon départ j’ai parcouru environ 6500 milles soit 11000 Km. La question d’argent n’est pas indiscrète mais bien concrète, pour voyager commencez à économiser de suite ! J’ai dépensé depuis mon départ environ 20 000 FF et en faisant toujours très attention. Le pays le plus pauvre… tu sais en fait des démunis il y en a partout, sur certaines îles du Cap Vert on a vu de la misère, mais il y avait peu de monde et les gens semblaient s’entraider, alors qu’ici à Caracas, dans une si grande ville les miséreux font encore plus de peine à voir. Pour le moment, je n’ai entendu sur le pont ou dans la coque que les petits couinements de dauphins.

Oui Thomas je revois souvent des bancs de Dauphins, des Stenella coeruleoalba.

Alors Philou, tu ne connais pas Archimède ? Ah non ! Tu ne risque pas de le croiser dans la cour d’école, ce célèbre Monsieur est né en 287 ans avant Jésus Christ, il y a donc 2286 années…Et selon lui puisque mon bateau à un volume total de 30 m3, qu’un mètre cube d’eau à une masse d’une tonne, le bateau peut peser au total 30 tonnes. Si tu rajoutes 100g par exemple, il coule…Mais en fait, tu voulais sûrement savoir comment on peut le charger. Avec environ 2,5 tonnes on peut encore naviguer mais plus tu charges le bateau et moins il avance. Pour écrire une gazette je compte environ 3 jours, le temps d’écrire le brouillon, de corriger les fautes, de le taper, de faire les photocopies…lorsque j’en suis au pliage je suis content. Non je n’ai pas fait d’autre course avec un voilier.

Je ne vais pas faire tout le boulot, ce ne serait pas drôle, hein Cyril! Il faut qu’avec des copains vous alliez voir les bibliothèques. D’ailleurs les bibliothécaires sont en générale très sympas. Je n’ai pas beaucoup de documentation sur le Steve. D’après moi, ce que je vous ai envoyé du Cap Vert est du Basalte, de la Dominique, c’est peut être une sorte de craie, la roche grise, je ne sais pas. Pour débuter dans tes recherches voilà ce que je sais : il y a 3 types de roches magmatiques : les basaltes, les andésites et les granites. Toutes peuvent jaillir de la terre à plus de 1000 degrés Celsius ! Les basaltes de couleur foncée sont composées d’orthose, de quartz, d’apatite, de titanite et d’ilménite…simple non ? Bon la suite de l’histoire je compte sur toi pour me l’apprendre un jour.

Chère Eléonore, je ne sais pas si j’irai jusqu’en Nouvelle Calédonie, en fait cela va dépendre des vents et des gens que je vais rencontrer après Panama. Une idée me trotte sérieusement dans la tête, aller voir les pingouins sur la banquise…

Oui Edwin, il me reste heureusement encore de l’argent pour manger, lorsque j’en n’aurai plus, je travaillerai pour en gagner.

Je suis content de voir que Morgane, tu réfléchis à mes questions. Le mieux pour savoir de quel côté pencher la tête c’est de faire un petit dessin. Lorsque la lune se lève, donc on regarde tous les deux vers l’Est, moi je trouve qu’il faut que tu penches la tête sur l’épaule de droite. Es-tu d’accord ?

Que fais-je le soir ? Vaste programme. Je ne fais rien par habitude, si ce n’est que de me laver les dents…si je suis en mer depuis longtemps le soir est le moment ou je me réveille un peu, je passe à l’action, nettoie le bateau, fais la vaisselle, avant la nuit puis la cuisine, j’avale un bon repas pour la nuit, j’écris ou travaille un peu la guitare si la mer n’est pas trop agitée. Si je suis à terre, parfois je reste peinard dans mon bateau sinon je sors, rencontrer du monde, faire un footing ou boire un verre sur un bateau voisin. Mes soirées, comme tu le vois Amandine, sont donc très variées. Mais non, rassure-toi, étant gourmand je ne mange pas que des pâtes, du riz et du poisson, je me fais aussi de bons gâteaux, lorsque les légumes frais ne sont pas encore tournés je fais des salades ou des potages. Au Venezuela, la viande n’est pas chère 28 FF le Kg de bœuf, autant dire que j’en ai profité. De bons steaks bien saignants m’ont régalé. Puis c’est la saison des mangues qui débute, il y a aussi des maracujas (fruits de la passion), des goyaves, de superbes ananas, des avocats onctueux comme du beurre …bref plein de bonnes choses.

Merci Marie, je vais bien. Ma côte fêlée, s’est remise toute seule. Il n’y a rien à faire pour ce genre de blessure. J’ai attendu 3 semaines… cela ma servi de leçon et désormais ne pas se blesser est une priorité en navigation solitaire. Je fais tous mes gestes avec calme et lenteur et ne cours plus comme un jeune fou sur le bateau. Le mal, cela calme et fait vieillir…

Oui Elodie, j’ai envie d’aller dans quelques îles du Nord. Je n’ai pas connu d’hiver moi cette année, voir le Steve sous la neige me tente assez.

Chers enfants, j’espère avoir répondu à vos questions. Je vous remercie pour toutes vos pertinentes remarques qui m’ont beaucoup plu et fait très plaisir.

 

L’apostrophe du Lorenzo.

Par cette nouvelle rubrique, dénuée de toute prétention vis à vis de Bernard Pivot, j’ai envie de donner le goût de la lecture et le plaisir de partager un peu celles qui m’ont plu. Ce mois-ci j’ai donc lu le livre D’Alain Mafard " les carnets secrets d’un nageur de combat " on se rend compte dans ce livre comment l’état avec ses agents secrets peut monter n’importe quelles affaires. L’auteur n’explique pas pourquoi, sous prétexte que ce soit des ordres un homme peut être amené à faire une chose contraire à ses idées…Alors moi le militaire écolo et qui ne veut tuer personne me laisse sceptique. Moins contemporain mais beaucoup plus littéraire, le chef d’œuvre d’Alexandre Dumas " le comte de Monte-cristo " est écrit dans un style superbe. Je crois qu’une série passe en ce moment à la télévision, à mon avis aussi bons que soient les acteurs, ils ne sauraient remplacer notre imagination. Mieux vaut lire le livre J’ai trouvé la fin super…De même si vous avez de bons livres à me conseiller, pour les jours de navigation, je suis tout ouïe.

Un peu de Vécu...

La Tortuga Los Roquès

En face de Puerto la Cruz, nous mouillons dans un bras de mer entre les montagnes de l’île Chimana Grande pour passer la nuit. Nous arrivons le lendemain soir vers 23h sous le vent des îles Los Tortuguillos. Georges jette l’ancre dans 3 m d’eau. Les îles sont si peu hautes qu’elles n’arrêtent pas du tout l’alizé qui souffle à 20 Nds, mais au moins elles nous protègent des vagues. Au petit matin nous découvrons une grande étendue de bleu turquoise, le fond est sableux et remonte tout doucement du coup nous sommes assez loin du bord. Avec l’annexe munie du moteur qui fonctionne tant bien que mal, nous débarquons sur l’îlot désert. Pendant que Carole prend des couleurs sur la plage de sable blanc, Georges et moi partons du coté au vent pour une petite chasse et voir la barrière de corail. Nous quittons ce petit coin de paradis le 3 au soir pour en trouver un autre. Le lendemain vers 15 heures on mouille près de l’îlot des 3 cocotiers (il y a effectivement que 3 cocotiers sur l’île) dans l’archipel des Roquès. Durant la navigation, ce fut bien agréable de dormir 2 ou 3 heures d’affilées pendant qu’un autre veille. Sur l’île un couple de biologiste hollandais nous fait visiter un petit centre de recherche et de protection des tortues marines. Pour quelques 18 000 FF vous pouvez sponsoriser cette association et venir, avec votre avion privé bien sûr, passer des vacances dans des bungalows. Nous allons d’îlots en îlots tous plus beaux les uns que les autres, jusqu'à remonter à l’Est à Gran Roque qui, comme son nom l’indique est un petit village de pêcheurs adossé à un grand rocher. Le village est maintenant devenu touristique. Les maisons et de nombreuses posadas (bien content d’être en bateau car elles sont assez chères d’ailleurs) sont très colorées ; rouge, verte, orange, jaune… Les rues sont en sable ou en terre battue, parfois inondées. Tout cela donne un cachet très agréable au village. Depuis 1970 tout l’archipel est protégé et la pêche au harpon y est interdite depuis 1994, c’est d’ailleurs remarquable comme les poissons se laissent bien plus approcher.

Higuerote - Baie des pirates - Puerto la Cruz.

Mercredi 7 nous partons de Gran Roque pour le port de Carenero près de la ville de Higuerote. Pas tellement dépaysant pour Georges car on se croirait sur un fleuve de Guyane, il fait gris, l’eau est marron, une rive est recouverte de mangrove l’autre est occupée par des résidences genre hotel-club pour les riches. Ils ont le garage à hors-bord, les piscines, les simili-cocotiers et tout ce qui va bien pour passer un week-end agréable. En semaine tout cela est mort. A la tombé de la nuit, des myriades d’oiseaux passent au-dessus des bateaux pour rejoindre la mangrove un peu plus loin. Nous partons donc avec l’annexe pour les observer. Il y a des perruches qui font un bruit d’enfer en volants, des ibis rouges superbes, des pélicans, des aigrettes blanches, en fait toute cette zone est un parc naturel protégé. Les hôtels aussi sont protégés des voleurs la nuit impossible de passer, un garde muni d’un sacré pistolet (genre Joss Rendale dans " au nom de la loi " si mes souvenirs sont bons…) nous demande gentiment de repartir d’où nous venons. Nous débarquons donc un peu plus loin. Le 10, les copains partent retrouver leur maison en Guyane. Je pars rejoindre de l’autre côte du Cap Codera, dans la baie des pirates, une adorable petite famille qui voyage sur un catamaran. Après de bons moments en leur compagnie, je prends la mer pour laisser le bateau en sécurité dans la marina " El Morro de Barcelona ". Arrivée au petit matin, Alain et Jeannette, un couple canadien attrapent mes amarres et m’offre gentiment le café. Super sympa ils m’expliquent comment cela se passe ici, et nous parlons bien sur de leur pays. Une fois les formalités accomplie, je saute dans un bus direction : les montagnes…

Mérida - Los Nevados

Mérida est une grande cité étudiante à 1500 m d’altitude, point de départ de nombreuses expéditions dans les Andes et dans les Llanos. Il y a le plus long et le plus haut téléphérique du monde ( de 1577m à 4045m.). Au troisième tronçon je regroupe quelques personnes, 2 Allemands, 2 Norvégiennes, et une Italienne nous partons pour 6 heures de marche afin de rejoindre le petit village de montagne : Los Nevados. Superbe, dès le départ le chemin est bordé par un paysage extraordinaire. Le Pic Bolívar à 5007m. nous offre ses flans enneigés et la vue sur un glacier. Son ascension est un exercice de haute montagne qui m’attire. Une prochaine fois peut être…nous passons déjà un col à 4500 m et le vent est froid, je suis limite avec mon kway et mon bonnet de laine de lama. Je suis très étonné de voir à cette altitude quelques arbres au bord du chemin. Ils ressemblent à des oliviers, abrités du vent, le soleil nous réchauffe, et pendant un instant je me croirai dans le midi. De l’autre coté du col la végétation change, il n’y a que des espèces de plantes grasses, des séneçons dans des étendues d’herbe, des mousses et même quelques fleurs. Deux vallées plus loin, et plus bas en altitude les flancs sont cultivés. Il y a des pâturages tout est formidablement vert, cela sent bon la ferme. C’est génial ! Nous arrivons vers 17 heures dans le village où le temps semble ne plus s’écouler. Ici pas de télévision ni de téléphone. Il fait frais. Seul confort notable, l’électricité. Dès notre arrivée une dame, au visage buriné par le soleil nous propose une pension complète pour seulement 3000 Bolos. L’ambiance est familiale, dans la maison vivent au moins 3 générations et cela semble bien se passer. Les propriétaires ont aménagé une pièce avec plein de lits superposés. Les murs sont peints à la chaux, et un truc marrant, c’est que les portes sont très basses, en fait les gens ici sont assez petits. Nous dînons d’une soupe et d’une assiette avec riz, viande, crudités et haricots rouges. Autour de la table nous parlons " Européen " mélange de toutes langues permettant de se faire comprendre. La dame italienne est une chercheuse en biologie venue se changer les idées, c’est super intéressant. Puis le village devient silencieux la nuit est tombée, on se sent un peu plus près des étoiles, notre repos est bien mérité. Demain départ à 8h, retour en mule pour ces dames, en 4*4 pour les jeunes Allemands, nous n’avons pas tous le même goût de l’effort…

Puerto La Cruz – Tortuga – Higuerote.

Mon amie Chrystelle vient passer 10 jours avec moi, nous visitons un peu Caracas et rejoignions le bateau pour partir à la Tortuga. Juste avant l’arrivée, nous prenons un superbe Barracuda. Nous mouillons face à une plage déserte, on est très bien. Hélas le temps passe très vite, comme le coin d’Higuerote m’avait semblé sympa, nous y retournons. Nous sommes le seul bateau mouillé dans la baie des Pirates les pêcheurs dorment dans des baraquements sur la côte, on ne les trouve pas tellement ouverts à la discussion, j’espère qu’ils ne sont pas un peu pirates… Le temps d’une petite balade et nous voilà déjà à la fin du mois. Comme dit la chanson :" même en mille ans, je n’aurais pas le temps de visiter toute l’immensité… "

 

Devinette :

Comment faire 4 triangles avec 6 allumettes ? Ceux qui ont lu le livre de Weber " Les Fourmis " devraient trouver…