La Gazette du STEVE N° 4
Pour découvrir le monde, à mon avis rien ne vaut un voilier. Cest ce quil y a de plus confortable et économique (si on répare tout soit même) Plutôt que de bivouaquer, aller dans les hôtels et restaurants ou dormir chez lhabitant, ce qui a aussi un certain charme, après une balade à terre, on retrouve tout le confort dun petit intérieur de maison. Locéan est notre jardin où nous évoluons sans frontière.... Mais comme il ny a rien de parfait, le prix à payer est un petit mal de mer de temps en temps. A lheure actuelle le Steve navigue dans les petites Antilles, cest paradisiaque, ambiance carte postale, cocotiers et lagons bleus. La remontée de Guyane fut très sympa, voilà quelques articles écrits au fur à mesure du voyage.
La Guyane.
Plus de 2800 milles de navigation nous séparent de la France. Nous sommes pourtant dans un département français, plus vert que la Normandie et chaud comme la Côte dAzur en plein mois daoût. Après des conflits avec nos amis espagnols, portugais, anglais et hollandais, en 1664, cette terre bien inconnue des gaulois devient " française " mais aussi " colonie esclavagiste ".
Quelques jours avant datteindre la côte guyanaise
nous ressentons les particularités du climat de la zone
équatoriale. A 5 degrés de latitude Nord le poteau noir
nest pas loin. (Cest une zone où alterne les calmes
plats et les grains.) A environ 150 milles des côtes, en dessous
dun gros cumulonimbus, bien gris foncé, il pleut
abondamment et des vents sont violents. Cest un grain, le
pilote automatique hydraulique décroche à cause dune
vague, le Steve empanne. Je me précipite à la barre. Au sortir
de mon lit me voilà trempé. Je reçois des seaux deau sur
la tête, ça réveille! On affale et restons en cap sèche le
temps que ça ce calme. En Guyane cest la saison des
pluies, il y a bien une moyenne de 2 ou 3 grains par jour. Ce
département doutre mer, est intéressant pour la forêt et
sa végétation luxuriante, lor qui coule au fond des
ruisseaux
mais son histoire nest pas triste non plus.
Le choc des civilisations qui oppose la hache de pierre à celle
de métal, la flèche au fusil et aussi le " choc
microbien " venu du vieux monde (grippe, rougeole,
tuberculose
) ont en un siècle ramené la population
amérindienne de 30 000 à 2 000 habitants. Aujourdhui la
survie de petits groupes réfugiés dans le sud, protégés par
limmensité de la forêt et une convention de parc naturel,
semble consolidée par la croissance démographique. Les 18 et 19ième
siècles sont marqués par une période desclavage qui se
termine en 1848. En 1852 le 1er bateau rempli de 301
forçats arrive en Guyane. Le bagne est rendu tristement
célèbre par son horreur. Dès 1895 aux côtés des prisonniers
de droit commun, les déportés et condamnés pour raisons
politiques viennent fournir une nouvelle masse de main
duvre. En visitant les ruines, les murs des cellules
semblent encore crier la douleur des bagnards qui ont été
détenu. Pour les quelques-uns qui sortaient vivants, la loi du
doublage les obligeait à rester sur le territoire pendant la
même durée que celle purgée au bagne. Démunis, sur une terre
inhospitalière, ils devaient accepter les plus basses besognes
presque réduits au rang desclaves des guyanais.
Lhomme a une fâcheuse tendance à oublier son histoire, du
coup il arrive quelle se répète
Vers 1937 le bagne
fut aboli par la loi, mais à cause de la guerre les derniers
forçats ne sont sortis quen 1947. Aujourdhui, la
Guyane est une base de lancement pour la fameuse fusée Ariane,
très bien située puisque proche de léquateur. Cest
une réussite européenne, un bel exemple de haute technologie.
Le STEVE
Pendant le mois le Steve a un peu souffert, surtout au niveau de la quille ! Heureusement que Jean Pierre a fait du solide, la tôle dacier cest quand même enfoncée de 3 cm. Mais, positivons, il y a une grande nouvelle : Steve sest doté dune seconde source dénergie : une éolienne ! En arrivant à Trinidad je voulais acheter des panneaux solaires cela ne fait pas de bruit, mais débite moins de courant quune éolienne, les jours ventés, enfin sil ny a pas trop de nuages tout est toujours une histoire de compromis. Puis le hasard me fait rencontrer un anglais qui fabrique des éoliennes. Je visite son atelier et écoute lun de ses " wind generator " fonctionner. Bon le bruit est supportable. La technologie très rudimentaire, ça me plaît. Pour 700 dollars US laffaire est conclue. Reste à la monter et voir si elle est vraiment efficace. Avec les alizés, les Antilles sont assez ventées. Cest mon tonton qui va être content, il arrive le 9 en Martinique, il aura de leau fraîche pour son pastis ! Léolienne en naviguant fournie lénergie pour le pilote et au mouillage pour le frigo. Quel luxe !
A Paramaribo le Steve sest payé un intérieur neuf. Ambiance africaine pour quelques florins en une journée un artisan couturier nous a confectionné des housses avec un superbe tissu.
Voie deau sur bâbord ! Pour la troisième fois depuis les Canaries je rebouche la micro-fissure du bouchin avec de lenduit époxy La voie deau est très faible, à peine un suintement, mais cest désagréable davoir à pomper dans la cale. Et à la longue cela risque de pourrir le contreplaqué.
Les Ibis rouges.
Ce soir, lundi 11 janvier, nous avons juste mangé vite fait une soupe à loignon et un yaourt. Après une journée passée avec Georges, pour voir des oiseaux, nous sommes cuits ! (Dans les deux sens du terme) 8h30 on prend la coque alu chez ptit Steph, 10h mise à leau au dégrad de Sinnamary vers 11h à lembouchure du fleuve du même nom quelques aigrettes blanches nous attendaient. Midi la marée est haute la mer calme, on longe la côte, sans pouvoir y accéder. Le fond vaseux monte très lentement à 100 m du bord il ny a que 20cm deau. Georges remonte le moteur hors bord et on sapproche sans faire de bruit à la rame. Il y a un petit groupe doiseaux qui cherchent leur nourriture dans la vase, les ibis ont pour cela un long bec très fin. Ils sont dun rouge vif et éclatants sous le soleil. Cest superbe. Ils sont bien plus nombreux le matin ou le soir ou pendant certaines saisons. Mais nous sommes déjà bien contents davoir vu ceux là. La marée descend, nous retournons dans le fleuve et déjeunons dans la mangrove, sur le bateau amarré à une racine de palétuvier. Au retour après une baignade, notre instinct de chasseur cueilleur nous pousse à remonter une petite crique pour ramasser des noix de coco. Elles sont bonnes et nous désaltèrent. Ce fût une bonne journée.
Le carnaval.
Du Brésil aux Antilles les défilés du carnaval ne durent que les jours gras ( 5 à 6 jours à Rio, 2 à Trinidad ) sauf en Guyane ! De lépiphanie jusquau mardi gras, cest la fête tous les week-end. Le vendredi soir cela commence par une galette des rois entre amis. Puis le samedi on danse toute la nuit sur des rythmes endiablés dans des bals où les femmes sont costumées. Les Touloulous sont entièrement déguisées de la tête aux pieds, impossible de les reconnaître. Même la couleur de leur peau ne doit pas être visible. Les reines du carnaval invitent à danser le cavalier de leur choix. ( La première fois où jy suis allé, jai dansé 2 fois et me suis endormi sur un banc !!!) Au petit matin, cest le vidé. Toute la salle euphorique sort dans la rue, le temps de manger un blafre de crevettes (soupe typique) et les défilés commencent. Le dimanche après midi la rue principale de Cayenne est noire de monde. Sur les trottoirs les gens regardent passer les groupes multicolores. Ils sont généralement constitués de danseurs, de porte drapeaux, et surtout dun orchestre où tambours, trompettes, percussions en tout genre font une musique entraînante. Des fûts de 200 litres font office de grosses caisses. Le groupe est costumé mais derrière, nimporte qui peut suivre en dansant. La préparation du carnaval est un gros travail qui fait marcher les couturiers, car chaque dimanche a un thème. Il y a louverture, puis le jour rouge et blanc où les costumes ne sont constitués que de ces deux couleurs, les mariages mixtes où lon se déguise en mariés en inversant les rôles Après un tel week-end il faut bien la semaine pour sen remettre !
La nature est fabuleuse.
Quand jétais jeune, jai choisi
détudier la technique car tout ce que lhomme est
capable de réaliser me semblait extraordinaire. Cétait
faute davoir observé suffisamment la nature. Elle est
encore plus géniale ! Il y a tellement de choses
incroyables que je ne sais par où commencer. Tiens, je crois
avoir écris à Morgane que je parlerai de la flore. Il
existe en Guyane des plantes carnivores, par exemple. Elles
digèrent les insectes coincés dans leurs astucieux pièges. Je
n'en ai jamais vu dans la forêt, par contre dans les marais de
Kaw jai pu admirer de très jolies orchidées. Elles
parasitent dautres arbres. Une herbe, les sensitives, qui
pousse partout, jusque sur les trottoirs de Cayenne, est aussi
incroyable; Les petites branches avec leurs feuilles se replient
dès quon y touche ! Et très vite. Y aurait-il parmi
les lecteurs des biologistes pour expliquer ces phénomènes? En
1 s la plante est comme fanée. 10 à 15 minutes après si rien
ne leffleure elle se déplie
Dans la forêt il y a
des tas de plantes, des fougères avec des feuilles de 4 à 5
mètres de long, des mousses, des arbres dont la sève qui coule
dune blessure brûle comme du zip. Lors de journée de
marche en forêt je la récupérais pour allumer le feu le soir
cest très pratique surtout que tout est trempé. Les
Indiens connaissant bien tout cela, peuvent vivre isolés en
pleine forêt indéfiniment.
Un après midi Michel et moi partons dans les marais de Kaw (voir atlas ) pour observer les caïmans. Avec la petite annexe nous avançons dans les marais. La nuit leurs yeux reflètent la lumière de nos lampes frontales, aveuglés ils ne bougent pas. Jessaie différentes approches, rapide au moteur ou lentement à la rame. Sur la dizaine rencontrée un assez gros se laisse approcher, il fait bien 1m50. Jarrive à en attraper un petit, environ 50cm, en le tenant par le cou il est comme tétanisé, après lavoir observé je lui rends sa liberté. Dès quil sent leau dun coup de queue il nous fuit rapidement. Le temps de plier lannexe, et ranger le moteur il est 1h du matin, on reprend la route. Dans une clairière nous rencontrons des chasseurs de papillons. Ils les attirent avec un drap blanc tendu verticalement et éclairé par des projecteurs. Ces collectionneurs passionnés sont sympas et très intéressants, ils connaissent des centaines despèces différentes dinsectes : papillons, coléoptères, punaises, mantes religieuses, criquets et sauterelles en tous genres. Ils nous dispensent quelques rudiments. Les criquets par exemple ont des antennes plus courtes que les sauterelles, notre chasseur en attrape un, il nous montre ses ailes dun bleu superbe. Les papillons de nuit qui ressemblent à un mirage au sol sont des Sphinx. Ils narrêtent pas de battre des ailes, leurs muscles ont besoin de séchauffer, ainsi lorsquils restent sans bouger longtemps, ils ne peuvent plus senvoler. Les mâles ont les plus grandes antennes un peu comme une plume. Elles leurs servent à sentir les phéromones dune femelle à plus de 100 Km ! Ces papillons se camouflent et utilisent lodeur pour se reconnaître, dautre comme le morpho utilise la vue. Leur couleur bleu flache dans le vert de la forêt. Dès quon agite un truc bleu ils foncent dessus croyant trouver un copain ou une copine la lecture du livre de Weber : " les fourmis ", me fait observer ces petites bêtes différemment. En marchant en forêt je croise une colonie de grosses fourmis noires. Elles se suivent à la queue leu leu. Je pose une brindille au milieu du convoi. En tête elles poursuivent leur chemin comme si de rien nétait. Pour les secondes cest la panique, elles partent affolées dans toutes les directions, jusqu'à rattraper les premières qui au contact sexcitent également. Les fourmis communiquent bien.
Je dois vous parler aussi de la forêt équatoriale. De nombreux fleuves la draînent. Ils permettent de la pénétrer et aussi de transporter des marchandises dans les zones difficilement accessibles. Avec la pirogue dAlain (ami du mouillage, spécialiste de lagachon) nous accédons au cur de la forêt en empruntant de petites criques. Cest le nom donné ici au cours deau. Les criques peu fréquentées sont souvent encombrées de bois mort, de branches ou de racines de palétuviers. Nous avons vu des cacaoyers avec leurs gros fruits, des palmiers dont le cur se mange. Pour avancer plus facilement nous utilisons le courant de marée qui, compte tenu du relief, a une influence très en amont des embouchures. Pour descendre, nous utilisons les rames, sans bruit, nous percevons mieux le milieu naturel : oiseaux, papillons, insectes Hier après midi dans la crique Gabriel, proche du mouillage, nous avons même eu la visite dune colonie de petits singes qui est passée, par les branchages au-dessus de nos têtes. Tiens à propos de singe, connaissez vous les singes hurleurs ? Ils sont tout petits, crient très fort et vivent en forêt profonde. On peut les entendre à 20km à la ronde. Lorsquon dort en forêt dans son hamac pendu entre deux arbres, cest assez impressionnant. La nuit on croise aussi des lucioles, espèce de vers luisants ailés qui sallume de temps en temps. Il y en a aussi dans le midi de la France. Mais bon la nature est pleine de trucs marrants, le mieux pour les découvrir nest pas de me lire mais de lobserver
Un peu de Vécu...
Talonnage sur le Mahury.
Notre départ de Guyane, notamment de Stoupan est un peu
précipité. Le soir, une fête est organisée par deux bateaux
du mouillage. Nous mangeons, dansons et chantons des chants de
marins jusqu'à 2h du matin. Georges et Carole sont venus nous
rejoindre, nous partons ensemble cette nuit pour les îles du
Salut. Comme prévu, à 4h30 Alain vient nous réveiller et
prendre un dernier café. Nous partons si tôt pour sortir du
fleuve à marée haute. Nous levons lancre rapidement,
cest déjà létale. A quelques centaines de mètres
du mouillage, le fond remonte et la quille commence à toucher
les cailloux !! Machine arrière toute, tentative de
demi-tour
rien y fait. Le courant nous a mis en travers.
Londe de choc se répercute dans tout le bateau. Le Steve
essaie en vain de concasser de la roche. Chaque secousse nous
fait tressaillir, le sondeur indique 1,6 m ; Steve est
échoué ! Dans la lueur du petit matin jentends un
bruit de moteur hors bord, peut être que quelquun a
entendu notre appel de détresse sur la VHF. Non, cest une
coïncidence, les matelots de Fleur de Lampaul et Corinne qui
sortent de discothèque, en apercevant au loin les feux du Steve,
sont venus nous saluer. Ils tombent à pic. Avec leur Zodiac et
son 40 CV ils arrivent à coucher le bateau en le tirant du haut
du mât par la drisse de grand voile. Je mets les machines à
fond et avec la gîte, le Steve fait demi-tour, passe la barre
rocheuse et revient dans le lit du fleuve. Merci Fleur de
Lampaul !
Stoupan îles du Salut Kourou.
A Stoupan lambiance du mouillage est super sympa.
La fleur de Lampaul est mouillée à nos côtés. A bord, 2
jeunes marins, Julien et Ian, font lentretien en attendant
les enfants. La fleur est un voilier océanographique pour les
jeunes de 11 à 14 ans. Il part pour 3 années faire le tour du
monde
Pour tout savoir il faut aller voir leur cite
Internet : www.fleurdelampaul.com si vous souhaitez tenter votre chance pour faire partie
dun équipage de jeunes reporters, il faut écrire à
lassociation : Archipel 17 Quai de la mairie 85350 ILE
DYEU. Dernière limite de dépôt des candidatures le 31
mai 1999.
La fleur de Lampaul au mouillage sur le Mahury.
Le samedi 16, nous sommes un peu tard à la sortie du fleuve, le Steve doit forcer le passage du banc de vase molle, le chenal est théoriquement dragué à 5m. le sondeur indique 1m60 la navigation dans ces eaux boueuses est vraiment très stressante. Enfin 10m deau sous la quille et voilà la grande houle datlantique qui nous remue par le travers. Je reste un peu trop longtemps à lintérieur du bateau, pour faire la navigation et un petit truc à manger. Le kouak ( farine de manioc )a beau être vite préparé, je le vomis quelques minutes après lavoir ingurgité. Qua cela ne tienne, je mange à nouveau, faut absolument me caler lestomac. Après ces contractions stomacales le mal de mer est passé, nous nétions plus amarinés. Arrivé aux îles du Salut je plonge voir les dégâts, il y a bien 50cm de visibilité. Je découvre une belle bosse sur lavant de la quille, mais la structure na pas bougé. On visite lîle Royale. Je fais sécher le Tazar pris en venant. Après un bon week-end on met les voiles sur Kourou. On y retrouve le catamaran de Jean-Jacques et sa petite famille. Nous avions sympathisé au Cap Vert. Le dimanche soir il y a un vidé dans les rues de Kourou, nous en profitons pour remuer un peu en suivant la "disco-mobile".
Kourou Paramaribo
Nous quittons rapidement le mouillage de Kourou, il y avait plein de moustiques. Locéan nous remet à lépreuve avec sa houle traversière. On croise plein de crevettiers qui, les uns à côté des autres, tels les moissonneuses dans un champ, raclent le fond de la mer. Mieux vaut ne pas dormir. Puis on remonte Suriname river, jusquau mouillage qui se trouve en face dun grand hôtel casino. Il ny a quun bateau, un américain. Le Suriname, avec une mauvaise réputation, est peu fréquenté par les touristes. On se promène pendant deux jours dans cette ville, jusque tard dans la nuit, sans ressentir la moindre animosité. Pour nous cest loccasion de faire le plein de vivres frais, le marché est bien garni et pas cher du tout. La ville est originale, beaucoup de bâtiments sont en bois, très colorés, avec un style colonial hollandais. Cest joli, et relativement propre. Pourtant il y a de la misère, je fais deux heureux en donnant nos deux thons à des mendiants. Il y a un grand contraste, car nous croisons aussi des gens très riches, le parking de lhôtel est plein de super Mercedes, dans les rues on voit de gros 4*4 Nous dînons dans les paillotes au bord du fleuve, dans une bonne ambiance, on sympathise avec Hervé un jeune cheminot. Il travaille à mi-temps, ainsi il voyage 6 mois par an en sac à dos. Il va parcourir lAmérique du sud. Cest un montagnard. Avec des copains ils vont crapahuter dans les Cordillères des Andes, aller au lac Titicaca, faire le sommet de lAmérique du sud : lAconcagua (6959 m). On rêve en parlant évidemment de voyages, cest sympa. Il envisage den faire en bateau.
Paramaribo Tobago Trinidad
3 jours de navigation où Michel reste dans sa bannette avec un peu de fièvre, les moustiques de Kourou lui auraient transmis une Dingue (sorte de fièvre tropicale). Je suis content de retrouver les couleurs bleutées de la mer, les poissons volants, les nuits étoilées En arrivant, je serai bien monté à lest de Tobago, mais vu les instructions nautiques qui nautoriseraient que trois mouillages, nous préférons mouiller dans la baie de Scarborough, cest nul, la ville américanisée est sale et pleine de publicité partout. Pas moyen de trouver un bouiboui pour manger, on se retrouve dans un fastfood. En faisant le tour de lîle, en stop et en taxi brousse, on trouve des mouillages qui auraient été super sympa. Il ny a quun bateau dans king bay. Lîle est couverte dune végétation tropicale bien verte. Au milieu des arbres, des flamboyants et Tulipiers du Gabon, contrastent avec leur couleur rouge et ocre. Nous allons avec un voilier rencontré en Guyane, Vaguealame, jusqu'à un mouillage de lautre côté de lîle. Cest loccasion de faire une petite régate. Cest aussi une construction en contreplaqué. Mais dès la sortie du port il envoie un spi ; ca va être dur de le rattraper, on manuvre avec soin, Michel fait la tactique à la table à carte, et finalement nous passons devant. On a même le temps de prendre un poisson pour le repas du soir. Nous partons aux aurores pour Trinidad, le vent toujours dOuest est portant, le Steve file. Le passage entre le Vénézuela et Trinidad pour entrer dans le golf de Paria est super. Cest un peu comme un canyon, nous passons entre deux parois verticales de roche. Au mouillage on trouve une forêt de mâts. Il y a jusqu'à 2000 bateaux, la plupart sont en réparation à terre, sur des bers. Trinidad a la réputation dêtre peu cher pour le bricolage, mais cétait encore plus vrai il y a trois ans. Après linstallation de léolienne, et une dernière fête avec les amis du Cap Vert, nous partons, impatients de découvrir les Grenadines et ses lagons.